Histoire vécue (ou: Mon sapin de Noël trône encore bien décoré et allumé... en ce 17 janvier)





Durant une réunion d'équipe hier midi, un haricot rouge désobéissant se catapulta de mon assiette tostada et, avec un ''sponk'' typique d'un dessin animé, entra en collision même pas subtile avec la bouteille de ma collègue assise à ma gauche. J'ai eu envie de pouffer d'un rire nerveux, embarrassé et d'étonnement tout à la fois. Faut croire que je ''fitte'' pas trop dans le moule médecin se prenant au sérieux... le burlesque de ma bévue ne suscita aucune réaction !

Toujours bien perdue dans mon repas (que d'ailleurs je dévorai... je venais de marcher un bon 3-4 kilomètres pour prendre du soleil dans le quartier juste avant), je l'étais autant dans mes pensées, faut croire, car quand le collègue à ma droite (et nouvellement promu directeur de la clinique) me demanda ''et toi, Caroline, l'as-tu reçu, le courriel ?'', il eut un petit silence avant que je ressurgisse. Euh... hmmmm.... courriel ??? (J'avais écouté NADA ce qu'il disait juste avant). C'est drôle comment la vie ressemble parfois à un film quand celui ou celle se prenant pour le caractère principal (dans ce cas-ci, moi) est tellement dans une bulle opaque et insonorisée qu'il en oublie complètement ce qui se passe ou se dit autour... À cause de tout le bruit dans ma tête que font mes tracas de l'heure. ''Ah, le email par rapport à la fête de départ de Heidi ?'' Non, pas celui-là. OMG. J'ai besoin de ces trois jours d'affilée en fin de semaine ! Mon inattention semble s'aggraver avec l'âge, ou les traumas...

Donc, s'étonnera-t-on que je n'aie toujours pas désassemblé les décos qui ornent mon Épicéa nain d'Alberta, baptisé Porc-Épic, qui aura noblement servi de sapin de Noël ?

Et puis, coup donc, je m'assume ! D'ailleurs, comme le dit mon chum, il n'y a quand même pas une ''police de sapin de Noël'' qui risque de débarquer pour me donner une amende.

Si on veut bien sûr s'embarquer dans une analyse en profondeur du pourquoi de ma procrastination légendaire, eh ! bien c'est pas les pistes de réponses qui manquent: déprime hivernale typique de janvier depuis toujours, crash post-fêtes, anniversaires difficiles (je me suis rappelée ce matin de cela... ma grand-mère Idéa et mon oncle Denis sont décédés ce mois-ci), et toutes sortes de stresseurs de vie, (incluant l'angoisse existentielle de tous les instants en raison de tout ce qui explose dans le monde), qui m'ont mis la batterie complètement à terre pour la remplacer par un terrible sentiment d'impuissance totale.

Porc-Épic, tu es devenu comme une présence bienveillante et éclairante parmi nous... Cela fera un grand trou dans le coin du salon quand je te sortirai dehors après t'avoir dégarni. Tu as été le témoin du premier Noël de Bibi. Tu l'as laissée te décorer si bien, alors qu'elle a consciencieusement mis sur tes hautes branches les ornements avec photos de mes trois fils. C'est peut-être en grande partie pour cela d'ailleurs que je peine à te défaire...

Janvier est le mois du seuil. Pour moi, c'est le moi du réveil du deuil...

Mais je pense avoir trouvé une idée au moins partiellement réconfortante: je vais faire passer le rangement des décos au rang de rituel en faisant coincider ce moment avec la Nouvelle Lune demain... Voilà, il faut pairer ce qui est triste avec un événement qui nous propulse en avant. Et pour semer et créer des intentions, il faut faire de l'espace. Je vais donc, ce dimanche, avec la nuit noire étoilée pour témoin, fermer la porte sur Noël 2025 en me souhaitant qu'une clarté métaphorique remplace la clarté offerte par les belles mini-lumières blanches de mon épicéa.

Et surtout, après t'avoir murmuré ''merci...''





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