De l'enchantement miniature
Quand j'étais petite, un de mes plus délicieux fantasmes était de m'imaginer rapetisser jusqu'à la taille d'une mini poupée pour aller habiter dans l'univers minitiature de minuscules objets. Ma tante Marielle, connaissant bien ma propension pour les modèles réduits et ma passion pour les arts visuels et décoratifs, a longtemps cru que j'allais devenir maquettiste.
Ce passe-temps divin qui consiste à trouver des objets miniatures et les agencer dans un univers où je puisse, sinon physiquement, au moins mentalement m'échappaer, aura toujours été assez vivant en moi. À commencer par le filet orange dans lequel se vendaient des oignons trouvé chez ma grand-mère et que j'avais décidé, ferait un hamac idéal pour Barbies, jusqu'aux imini tables blanches au centre des boîtes à pizza, j'ai développé, avec utles décennies, tout un assortiment de matériels (timbres qui servent de cadres dans une mini maison faite à partir d'une boîte à chaussures pour mes enfants, par exemple). Et comme jeune adulte, lors de mes voyages, je prenais plaisir à rapporter des mini céramiques et jouets qui finirent par s'accumuler dû à l'aspect chronophage de mes études...
Mais en fin de semaine dernière, en préparation pour une exposition d'art, j'ai eu la chance de sortir tout cela pour m'amuser un peu. Après une panne d'inspiration déconcertante, petit à petit, au fil d'une fréquentation timide des petits objets entre eux, j'ai pu voir comment ils pouvaient être agencés pour créer tantôt une petite pièce relaxante, tantôt une corde à linge (ce fut l'item le plus populaire). La robe fleurie est un réplicat de ce qu'a déjà porté ma grand-mère...
J'aurais pu continuer à produire, j'avais enfin trouvé mon momentum, mais il fallait emballer mes trucs et me rendre au club où m'attendait ma table (la plus affreusement située, près de la cuisine, si bien que je me sentais distraite par les va-et-vient des employés). Et je me sentais comme trop exposée en ''arrière-scène car j'avais un pan de mur partiel derrière moi, et donc il y avait des gens dans mon dos parfois... Une autre leçon pour moi: la prochaine fois je devrai demander le plan et négocier un coin où je me sentirais moins envahie. J'ai géré ma déconvenue en écrivant avec une certaine fureur dans mon journal (ce sera l'objet du prochain blog, sans doute). Et en riant de l'idée de mon amie Shiva qui me dit que je devrais charger 35 dollars par carte en raison du caractère ancien du journal (1913 !). Mais j'aime son idée d'une description au verso...
Heureusement donc, la visite d'amis m'aura distraite de ce désagrément et aussi une foule d'émotions aussi... Comment contenir tous les souvenirs qui ont afflué en tombant sur des découpages en coeur faits par les enfants, et autres objets qui me rappellent ces divins moments de co-création artistique...
C'est ce qui restera de cette journée. C'est ce qui triomphera de mon sentiment d'être tout à coup si ''petite'' à côté de plein de talents admirables... Oui, dans son langage simple, d'un autre temps, et sans prétention, mon art a parlé. Des fois on pleure toute sa vie dans une pratique, une marche dans le quartier... Et moi, j'ai comme retracé, recréé tous ces bouts d'enfance, en en fabriquant un pont jusqu'à celle de mes fils pleins de créativité.

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